Europe : l’Europe des Nations est la seule manière de construire démocratiquement l’Europe

La maîtrise de la souveraineté est indispensable à la démocratie. La souveraineté d’un peuple ne peut s’abandonner. Certes elle peut, partiellement et momentanément, se déléguer dans une organisation internationale mais cette organisation doit rester sous le contrôle des Nations

Si le Peuple de France n’a plus la maîtrise de ses lois, ni de son territoire (Schengen), ni de sa monnaie, ni de son budget, alors à quoi lui sert-il encore de faire peuple et de voter pour choisir et construire son destin ? Les Français l’ont bien compris lorsqu’ils rejettent à 60% les actuelles institutions européennes !

La démocratie ne peut être simplement formelle et  ne plus traiter des véritables enjeux délégués à des puissances extérieures ou à la Commission, les deux se conjuguant car ce sont souvent les puissances extérieures qui manipulent la Commission comme l’enquête de Christophe Deloire et Christophe Dubois dans Circus Politicus l’a montré. Le Président Sarkozy a fait ainsi de la démocratie une mascarade avec le traité de Lisbonne qui reprend le traité constitutionnel rejeté par référendum. Faut-il désormais voter à répétition, comme le peuple irlandais, jusqu’à bien voter pour avoir encore le droit de vote !

Le déficit démocratique s’élargit des questions sociales et environnementales aux questions économiques. La zone euro a la croissance la plus faible du monde. Les déficits entre le Nord et le Sud ont été comblés par la baisse des salaires et par la baisse de la demande intérieure ce qui a détruit encore plus les capacités productives du Sud et a aggravé, en quelque sorte, le problème de la zone euro. Le rappel de ces faits vous met dans la catégorie, nouvellement créée par la propagande socialiste, d’économiste d’extrême droite autrement dit vous êtes exclus de tout débat, vous êtes anathème car vous sortez de la propagande officielle.

Plus généralement, la critique du manque de démocratie dans les décisions prises par la Commission, fait de vous un anti-européen. Est-ce sérieux ? L’ensemble des Peuples du Sud ou la Pologne qui s’opposent, par exemple, au rapport Lunacek – voté favorablement au Parlement Européen –  qui promeut la théorie du genre et la destruction de la famille naturelle ou les 19 pays qui se sont opposés à la commercialisation du Maïs OGM autorisée désormais dans toute l’Union, seraient donc eux aussi anti-européens ?

Rien n’est trop gros pour les nouveaux ayatollahs de cette Europe qui sert la mondialisation, la financiarisation de l’économie et la mise en place, par la concurrence généralisée, de l’homme soumis à des puissances extérieures. Si vous refusez d’être cet homme sans culture, sans identité et sans histoire, ayant perdu tout droit à sa souveraineté car manipulé par les forces du marché désormais transatlantique, vous êtes antieuropéen.

J’ai toujours été pour une conception  confédérale et subsidiaire qui fait dériver toute organisation supérieure internationale du contrôle des Nations ou comme en Suisse des Cantons. Cette conception subsidiaire est systématiquement rejetée comme une régression de l’esprit européen alors qu’elle est la seule manière de construire un édifice international.

L’Union européenne qui ne protège plus et met en concurrence le travail chinois, bulgare ou roumain avec le travail français et ouvre ses frontières à toute la misère du monde, cette Europe des marchés et des lobbies financiers a déjà choisi Bruxelles comme capitale.

La seule manière de sauver l’Europe et Strasbourg indirectement, c’est de construire l’Europe des Peuples, l’Europe des Nations sous la forme des coopérations renforcées et d’élargir cette construction à l’Europe continentale avec la Russie.

Alors en supprimant la Commission et en remettant le Conseil des Etats au centre de la construction européenne –  l’Europe sera à nouveau capable de peser de tout son poids face aux Etats-Unis – en refusant le traité transatlantique –de faire face à la Chine, en régulant la mondialisation, de défendre également sa civilisation et sa culture, en s’appuyant sur ses peuples qui font l’Europe.

A Strasbourg, au Parlement Européen, en s’appuyant sur un nouveau groupe de l’Europe des Nations et en constituant, grâce à ce nouveau groupe, une majorité d’idées sur la base justement de la souveraineté retrouvée et donc de  la liberté, nous rétablirons toutes les raisons de croire encore au  projet européen. Paradoxalement Marine le Pen détient la solution au rejet actuel des Peuples des actuelles institutions européennes et indirectement donc de l’Europe. C’est en mettant les actuelles institutions européennes sous le contrôle des Nations et donc des peuples que l’on pourra bâtir l’Europe de civilisation et de culture. C’est tout l’enjeu pour Strasbourg si elle veut continuer à incarner le projet européen.